Toamasina ou Tamatave
L’Est est le domaine de la forêt tropicale humide et baigne toute l’année dans les parfums de girofle, de café, de vanille, de poivre et fruits variés tels que les letchis… Avec un relief très plat, le moyen de locomotion très courant dans la ville est le « pousse pousse » ce qui constitue la majorité des emplois des betsimisaraka. A part ces derniers, Tamatave est aussi peuplée de Chinois, ce qui influence beaucoup la culture et la vie même de ses habitants.
Pour ceux qui ne tentent pas les nombreux vols quotidiens, intérieurs ou internationaux qui atterrissent à Toamasina, il est possible d’y parvenir à partir d’Antananarivo en suivant les 370 km de la Route Nationale 2.Mais on peut arriver aussi à Tamatave par bateau en sillonnant le canal des Pangalanes ( le plus long canal que l’ Homme a creusé de ses mains) et qui relie Manambato, à Ankanin ny nofy, à Ambila Lemaitso jusque dans le Sud Est à Mananjary.
Récompense au bout du trajet parfois acrobatique de la route vers Tamatave : une ville totalement plate quadrillée par de belles avenues ombragées, où les habitants de la capitale avaient l’habitude de passer leurs vacances. Mais pas uniquement une ville de farniente et de villégiature : la majeure partie des marchandises destinées aux Hauts Plateaux transite par le port, tandis que les produits d’un arrière-pays riche en produits agricoles, tant de rente que de subsistance, passent par Toamasina et y sont entreposés, embaumant certains quartiers de leur parfum de girofle et de poivre.
Les activités du commerce maritime ont d’ailleurs nécessité une modernisation progressive de la zone portuaire afin d’accélérer le traitement des marchandises. Tirant une leçon de la gestion du port de Hambourg, l’administration du port autonome de Toamasina veut en faire le modèle des ports de l’Océan Indien en informatisant ses opérations de chargement / déchargement, manutention, douanes, etc. D’autant plus que sa future extension par un port minéralier destiné à exporter le cobalt et le nickel de Moramanga ne doit ni engorger les quais ni affecter les opérations courantes. Cette activité devra donc s’ajouter à sa vocation de premier port pétrolier de l’Ile, justifiant le choix fait par la Communauté pour le Développement de l’Afrique australe (SADC) d’en faire le deuxième port de la région.
Les habitants de Tamatave tirent beaucoup de fierté du nom qu’on a donné à la ville : « Portail d’entrée de l’évangile », car c’est là que les premiers missionnaires protestants britanniques ont abordé en 1818. La ville est cependant loin d’être confite en dévotion car son ressort principal semble être une profonde joie de vivre qui la fait vibrer dans tous ses quartiers aux accents des fameux bandonéons betsimisaraka. Cette tribu semble d’ailleurs avoir la danse et la fête dans le sang. Pour s’en persuader, il suffit de se rendre à près de deux cents kilomètres au nord, pour assister au Festival des baleines, un événement annuel qui amène ces cétacés du Pôle Sud jusqu’au large de l’île Sainte-Marie et qui occasionne d’indicibles liesses populaires, avec force musique, danses et rhum. Introduite par les pirates européens et américains au 17ème siècle, cette boisson s’est enracinée dans la région, à cause notamment de la plantation de cannes à sucre dans le district de Brickaville, quelques kilomètres au sud de Toamasina.
Avant de conclure, un avis aux amateurs de bains de mer : la natation est déconseillée sur les plages de Toamasina, non seulement à cause de leur forte pollution, mais aussi du fait que la barrière de récifs semble bien dérisoire pour les requins. Il est alors préférable d’aller 60 km plus au nord sur la magnifique plage de Foulpointe, un joli site balnéaire avec des barrières coralliennes et un site historique, un autre site idéal à 80km de Tamatave :Mahambo où la mer est favorable au surf.
Remonter le Canal des Pangalanes jusqu’à la station balnéaire de Vatomandry, bien plus proche d’Antananarivo et devenue lieu privilégié des vacances des Tananariviens sont des aventures qu’ on pourrait tenter pour apprécier l’ Est de Madagascar. La destination côte Est mérite d’être appréciée, elle nous séduit sous toutes ses formes, les amateurs de la faune et de la flore ne passeront pas dans la région sans visiter le parc botanique et zoologique d’ Ivoloina et la station forestière de Tampolo.





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